L’histoire derrière le film de mariage de Maële et Colin
C’est un film très particulier pour moi et je remercie Maële et Colin de s’être laissés embarquer dans cette aventure et qui m’ont permis de faire ce que j’aime par-dessus tout : raconter une histoire, leur histoire à travers leur journée de mariage. Maële et Colin m’ont contacté peu de temps avant leur mariage, un mariage dans le Gers, près de là où j’habitais il y a encore quelques mois. On s’est vu une fois à Auch et au domaine et on a fait quelques réunions en visioconférence. J’ai très vite senti qu’il y avait quelque chose de spécial dans leur histoire, quelque chose de particulier à saisir. Leur journée de mariage a été magnifique, un groupe d’amis très soudé, une ambiance douce et énergisante en même temps, des attentions remplies d’émotions et de sensibilité. J’avais donc beaucoup de rushs que je pouvais utiliser pour leur film. Mais, une fois leur journée de mariage passée, j’ai senti qu’il fallait que je filme autre chose, que je puisse les filmer aussi en dehors pour enrichir un peu plus leur histoire singulière. Ainsi, je leur ai proposé de faire une demi-journée de tournage dans un lieu qui leur parle et ils ont choisi Pau, une ville dans laquelle ils se sont sentis bien. Ce film est l’aboutissement de tout cela, de ma sensibilité à raconter leur histoire, à utiliser des éléments du mariage comme des discours et l’émotion qui se dégage de cette journée tellement spéciale, et également des vidéos de leur vie à deux et des éléments en dehors du mariage, plus intimes, où l’on peut prendre le temps de raconter les choses, de se parler et de laisser la magie s’opérer. Encore merci de m’avoir permis de réaliser cela.
Leur histoire commence par un malentendu qui fait sourire toute une famille : le jour où Colin annonce à sa mère qu’il a rencontré quelqu’un, elle comprend d’abord qu’il parle d’une intelligence artificielle. « Maëlle », ça sonnait un peu comme ça au téléphone. Ce sera l’une des premières anecdotes racontées ce soir-là, et sans doute pas la plus étonnante.
Ce qui frappe, en écoutant les discours, c’est le contraste que tout le monde décrit entre eux deux : lui, la force tranquille, le phare ; elle, la tempête joyeuse, la lumière. Un duo que leurs proches présentent comme un équilibre trouvé au fil du temps, pas donné d’avance. Il y a eu des périodes de distance, des galères traversées « main dans la main », comme le dit l’un des vœux échangés à l’autel — la promesse de transformer chaque malchance en souvenir plutôt que de la subir.
Et puis il y a la demande. Ou plutôt les demandes, au pluriel, parce que c’est toute la beauté de leur histoire : rien ne s’est passé comme prévu, et c’est justement ce qui l’a rendue mémorable. Un week-end organisé dans l’urgence après l’annulation de la réservation faite au sommet du pic du midi par Colin à cause du mauvais temps, encore une illustration de leur poisse légendaire… Pas de soucis, place au plan B et direction les Pyrénées, au pied du Pic du Midi. Une marche jusqu’au lac de Payolle, une photo qui devait être anodine, une bague gardée en poche pendant deux jours entiers pour ne pas être découverte. Et au moment décisif, la panique fait dire à Maëlle « non » avant même d’avoir compris la question — un « non » qui, sur la vidéo souvenir, précède de quelques secondes à peine le vrai « oui ». Un an plus tard, jour pour jour, ils sont revenus sur ce même sommet, sur une passerelle de verre, pour rejouer la scène avec un poème cette fois. Comme s’il fallait deux fois pour que la promesse tienne.
Il y a aussi ce petit bretzel, devenu le symbole silencieux de leur couple — une forme de cœur, disent-ils, une façon de se rappeler qu’on peut faire de n’importe quel détail du quotidien un repère commun.
Le jour du mariage, les discours ont dit le reste : une famille de cinq filles où Maëlle joue depuis toujours les médiatrices, un Colin décrit comme celui qui ouvre toujours sa porte, une entrée en cathédrale que les témoins ont qualifiée de moment suspendu, et une salle entière debout pour les voir enfin réunis.
C’est cette matière-là que je cherche, à chaque mariage que je filme : pas la liste des événements de la journée, mais les histoires qui expliquent pourquoi ces deux personnes-là, précisément, se tiennent devant leurs proches ce jour-là. Un film de mariage réussi ne raconte pas une cérémonie, il raconte tout ce qui y a mené.
J’accompagne les futurs mariés dans la création d’un souvenir filmé fidèle à leur histoire, quelle qu’elle soit.